La Cité Interdite

07/06/2014 08:55 par notre-vie-en-chine

  • La Cité Interdite

    La Cité Interdite

    07/06/2014 08:55 par notre-vie-en-chine

La course de la Grande Muraille

07/06/2014 08:53 par notre-vie-en-chine

  • La course de la Grande Muraille

    La course de la Grande Muraille

    07/06/2014 08:53 par notre-vie-en-chine

Un aperçu du parcours sinueux sur la muraille

Pékin et la Grande Muraille

07/06/2014 08:51 par notre-vie-en-chine

  • Pékin et la Grande Muraille

    Pékin et la Grande Muraille

    07/06/2014 08:51 par notre-vie-en-chine

Comme nous en parlions dans le dernier blog, Patrick est un assidu du club de course d’endurance du village. Ce club structure l’entraînement autour de la participation à quelques événements sportifs. Le dernier en date était le Marathon de la Grande Muraille en mai dernier. Un marathon, un semi-marathon et une course de 8.5km dont le parcours passe en partie sur un tronçon de la Grande Muraille.

Patrick pratique le semi-marathon, sa première course était à Shanghai en novembre dernier. Ce fut l’occasion d’un week-end à Shanghai pour tous, toute la famille est venue l’encourager le long du parcours et le féliciter à l’arrivée. La Grande Muraille est un événement du club, tous les coureurs laissant en général leur famille pour 2 jours, le temps de faire l’aller-retour en avion et la course. Très vite, la question s’est posée : courir c’est bien, mais c’était sympa d’être avec toi, non ? Et puis la grande muraille, ça fait envie à tous, non ? Nous avons donc rapidement décidé d’accompagner Patrick nous aussi, avec l’idée d’en profiter pour découvrir Pékin au passage. Sauf qu’à Shanghai, l’appartement de Dominique servait de base. Si seul Patrick court, les autres n’auront qu’à l’attendre, pas très drôle. Et l’accès à la Grande Muraille n’est organisé que pour les coureurs. Et après tout, cette course de 8km, elle doit être faisable même si on n’est pas entraîné, non ? C’est ainsi que de fil en aiguille, Patrick et Dominique ont décidé un soir d’inscrire tout le monde à l’épreuve. Patrick en semi, tous les autres en 8.5 km.

Autant dire que les enfants n’étaient pas ravis au moment de l’annonce. Quoi ? Mais on n’a pas envie de courir, nous ! Comme en plus nous avons a posteriori réalisé que la course démarrait un samedi matin à 7h, cela voulait en plus dire rater un vendredi d’école, quelle idée ! Quoi ? Mais quitte à rater un jour d’école, on n’a pas envie de rater un vendredi ! Tout était de toute façon déjà organisé, ils n’avaient donc qu’à se résigner.

Fin Mai, nous voilà donc partis un jeudi soir pour Pékin, Dominique rejoignant directement la troupe à l’aéroport depuis Shanghai. Au programme du vendredi matin : visite du Temple du Ciel et surtout, découverte de la place Tian An Men et de la Cité Interdite. Il parait qu’il n’y avait pas trop de monde, qu’est-ce que ça doit être en période de pointe ! Notre guide nous faisait revivre la Chine impériale et nous expliquait le fonctionnement de la Cité Interdite, avec ses 9999 pièces (car le logement des Dieux en a 10000), les appartements d’apparat, de logement, la partie réservée à l’Impératrice, à l’Empereur, les quartiers des centaines de serviteurs. L’ensemble était absolument magnifique, après la rénovation de l’année des Jeux Olympiques. Et cerise sur le gâteau, le temps était superbe, grand soleil et ciel tout bleu, signe que la pollution était à son niveau le plus bas, plutôt inhabituel à Pékin.

Nous rejoignons tous les autres participants Wuhanais à la course en début d’après-midi à l’aéroport. Après 2h00 de route, le bus commence à attaquer la route de montagne et enfin, nous apercevons les premiers créneaux de la Grande Muraille qui serpente sur les crêtes. Le site de la course est un magnifique coin de moyenne montagne, autour d’un village chinois traditionnel parfaitement rénové, le temps est toujours aussi beau et l’ambiance de la fin d’après-midi à l’arrivée est magique. Grâce au club, nous sommes logés dans l’hôtel qui est juste à côté du point de départ. Chambres très simples, mais très agréables, le tout a un charme incroyable. Devant ce cadre magnifique, Séverin et Caroline prennent une grande résolution : demain, ils vont courir !

Séance de repérage, puis repas avec tout le groupe à la nuit tombante. Il y a de vrais sportifs dans le tas, au menu : nouilles, riz sauté et raviolis vapeur. Tout le monde se couche assez tôt : demain les premiers partant s’élancent dès 7h30.

Beaucoup de monde et d’agitation dans l’aire de départ. Patrick s’élance à 7h40, alors que Dominique, Caroline, Séverin et Philomène attendront la 5ème et dernière vague, celle de ceux qui ne cherchent pas du tout à faire une performance. Comme promis, Caroline et Séverin partent en avant, Dominique démarre à petite foulée pour motiver Philomène qui elle, est bien d’accord pour monter, mais pas en courant ! Le rythme passe donc vite à la marche rapide, ce qui est la cas pour la plupart des participants de la queue du peloton de toute façon. L’ascension fait 5km de route, puis d’escalier et enfin nous y voilà : nous foulons la Grande Muraille. Grosse pensée pour Mamie Véronique dont c’est l’un des rêves avoués depuis bien longtemps.

Sur la muraille proprement dite, pas de partie plate, il n’y a que dénivelé, positif ou négatif, épousant le relief montagneux de la crête. Le paysage est magnifique sous le soleil et la température grimpe rapidement.  Encore beaucoup de marches, parfois très hautes, parfois à peine formées, les soldats chinois devaient être en pleine forme… Les années d’entraînement de marche en montagne à Bessans payent largement : nous nous découvrons beaucoup plus à l’aise que la plupart des coureurs, qui doivent être bien plus habitués aux chemins plats. Et voilà que nous nous mettons à remonter les files et à doubler beaucoup de monde, surtout dans les descentes irrégulières.

Mais la muraille s’achève déjà, et il faut descendre un escalier vertigineux qui nous ramènera à l’aire de départ après plus d’un km de descente ininterrompue pour avaler les 350 à 400m de dénivelé. Dominique, Philomène, Séverin et Caroline s’arrêteront là, alors que Patrick continuera pendant 13km un parcours beaucoup moins escarpé dans les villages environnants. Les marathoniens eux referont le parcours sur la Grande Muraille dans l’autre sens, et devront notamment remonter ce terrible escalier alors qu’ils en seront à leur 34ème kilomètre de course, pile au moment de ce que l’on appelle « le mur du marathonien » - inhumain !

Au final, Patrick a fait un très beau chronomètre vue la chaleur qui régnait, bouclant la distance (et les 500m de dénivelé) en 2h06, Séverin en 1h20 s’est très bien classé dans sa catégorie et a fini premier du village sur la petite course, Caroline en 1h30 a fini première des 12-20 ans sur toute l’épreuve, quant à Philomène et Dominique, elles ont battu Patrick, finissant respectivement en 2h01 et 2h03. Bon d’accord, ce n’était pas la même distance ! Philomène, qui était très en forme sur la fin du parcours, est très fière d’avoir battu sa maman en partant devant à la fin du parcours. Tout le monde se retrouve sur l’aire d’arrivée, se congratule et prend un casse-croûte revigorant. Douche à l’hôtel, et dernier tour sur la muraille pour immortaliser l’événement. Au loin, nous apercevons les marathoniens qui n’ont toujours pas fini, peinant marche après marche dans ce terrible escalier du kilomètre 34, alors que l’on en est déjà à plus de 6h de course sous un  soleil de plomb ; les abandons sont nombreux.

Il ne nous reste plus qu’à monter dans l’un des bus qui nous ramène à l’aéroport de Pékin, avant de rentrer dans la nuit à Wuhan, après un très beau week-end familial que tout le monde a beaucoup apprécié. Pas sûr que ce sera suffisant pour motiver les enfants à le refaire l’an prochain, mais dans l’enthousiasme, Patrick et Dominique viennent de s’inscrire au marathon des hautes herbes, en Mongolie Intérieure, pour début juillet. Encore un semi pour Patrick et la ‘petite course’ sera cette fois-ci de 11km pour Dominique – les enfants eux, seront déjà rentrés en France ; Patrick prévoit de faire le marathon de la grande muraille l’an prochain, après un « tour de chauffe » à Shanghai à l’automne. Si vous voulez vous joindre à nous, ce sera avec grand plaisir !

Bises à tous,

 

Patrick, Dominique, Caroline, Séverin, Philomène

Mulan Shan

25/05/2014 04:46 par notre-vie-en-chine

  • Mulan Shan

    Mulan Shan

    25/05/2014 04:46 par notre-vie-en-chine

Les Chinois aiment beaucoup nous prendre en photo, avec ou sans notre accord. Parfois, nous leur rendons la pareille ! Ici à Mulan Shan, autour de pique-nique anniversaire de Caroline.

Mulan shan

25/05/2014 04:44 par notre-vie-en-chine

  • Mulan shan

    Mulan shan

    25/05/2014 04:44 par notre-vie-en-chine

Le dernier temple au sommet de "Mulan Shan", la montagne de Mulan.

Reprise

25/05/2014 04:40 par notre-vie-en-chine

  • Reprise

    Reprise

    25/05/2014 04:40 par notre-vie-en-chine

Difficile d’imaginer que 3 mois se sont déjà écoulés depuis le précédent blog et qu’il parlait de froid ! A peine l’avions-nous écrit que les températures remontaient rapidement : 18°C la semaine suivante. Depuis, malgré des hauts et des bas, les températures ont toujours été largement au-dessus de 10°C en mars, la barre des 20°C a été passée en avril et nous nous apprêtons à aborder les 30°C en journée à Wuhan et à Shanghai dès la semaine prochaine. Le temps a été relativement sec jusqu’ici, si bien que la saison qui vient de s’écouler était très agréable au global. D’autant que le niveau de pollution a bien baissé par rapport aux pics de l’hiver. Nous sommes également équipés maintenant de purificateurs d’air dans la maison, cela aide aussi certainement pour l’aspect psychologique.

Depuis quelques temps cependant, l’humidité s’est considérablement renforcée et nous savons que nous approchons la période de mini-mousson qui sévit dans cette partie de la Chine en juin. Chaud et humide, fortes pluies en perspective, ce sera donc nettement moins agréable et Dominique craint déjà les retards d’avion.

Concernant notre vie quotidienne, nous sommes maintenant bien installés dans la routine. L’année  scolaire est rythmée par le CNED pour Caroline et Séverin : 1 à 2 sessions d’apprentissage, 1 devoir à renvoyer, des résultats qui tardent en général au moins un mois avant de revenir. Philomène a un rythme beaucoup plus standard d’école primaire française, avec un professeur particulièrement dynamique qui développe leur autonomie d’apprentissage. Tout se passe très bien pour les trois. D’autant qu’ils ont eu droit encore à 2 semaines de vacances en avril, autour de la date de la ‘Toussaint’ locale, joliment appelée : « jour du ménage des tombes ». En-dehors de l’école, les enfants passent beaucoup de temps avec leurs copains, que ce soit dans la base-vie ou parfois en sortie au Wanda, le centre commercial d’à-côté. La base-vie facilite grandement les activités sociales par la proximité immédiate des copains et ils sont finalement toujours ensemble. Pour autant, peu ou pas de problèmes de relations entre eux à déplorer, tant mieux !

Patrick a un programme bien chargé entre ses 4 usines à gérer, dans un contexte de développement économique fort de l’entreprise, qui s’est fixée pour objectif de doubler les ventes (et donc le nombre de véhicules produits) en 3 ans. Ambiance très différente de la France ! Il semble maintenant bien à l’aise avec le mode de fonctionnement de la JV, à double structure franco-chinoise. Côté extra-professionnel, Patrick suit assidument le groupe sportif ‘Ginkgo running’. Entrainement 2 à 3 fois par semaine, on ne rigole pas ! L’aspect collectif encourage et motive visiblement un grand nombre de personnes, plus de 30 personnes du village courent régulièrement, à différents niveaux. Les organisateurs programment quelques événements sportifs dans l’année (marathon de Shanghai, marathon de la grande muraille), avec des entrainements spécifiques pour assurer une préparation optimale. Par exemple, beaucoup de marches et de dénivelé en préparation de la grande muraille, périodes intenses pour développer ses capacités, périodes de récupération juste avant les épreuves. Très pro.

Dominique continue les allers-retours hebdomadaires avec Shanghai. Certaines hôtesses commencent même à la reconnaitre quand elle s’enregistre. Il faut dire qu’il y a très peu d’occidentaux sur ces vols. Elle a passé beaucoup de temps dans ses usines récemment, donc limité son horizon à Shanghai seulement ou presque. Moins drôle et un peu plus déprimant que d’aller pousser le développement des ventes et des produits au Japon, en Thaïlande ou en Indonésie, mais les choses commencent à s’améliorer, donc cela en vaut la peine. Pas beaucoup de temps pour faire autre chose et le rythme irrégulier des déplacements rend difficile d’avoir des activités sur Shanghai. Elle se contente donc du yoga le samedi matin à Wuhan, même si les cours sautent parfois, au gré d’un retour de déplacement le samedi ou d’un week-end familial à Shanghai. Et pour ceux qui n’en ont jamais fait, c’est véritablement un sport et pas juste une activité de détente !

Autres activité des week-ends, les animations du club du village. Nous avons participé à un méchoui-barbecue mi-mars, un loto au profit de l’association de solidarité, une séance de café-théâtre (pour laquelle Caroline a participé au numéro de step), et ce soir : théâtre. Nous sortons aussi pour découvrir Wuhan quand les activités diverses des enfants nous en laissent l’occasion. Au programme récemment : la tour de la grue jaune (attraction nationale classée). Note pour Pascal, il s’agit de la grue-oiseau, pas l’engin de chantier, en référence aux tuiles vernissées jaunes. Perchée en plein cœur de la ville,  au sommet d’une colline dans un beau parc à la chinoise, on découvre une très belle vue sur le cœur citadin de Wuhan (voir photo). Nous sommes également allés grimper à Mulan Shan. C’est le même Mulan que dans le dessin animé de Walt Disney, cette femme qui s’est fait passer pour un homme et est devenue général(e) de l’armée chinoise. A 1h au nord de Wuhan, ce beau massif montagneux abrite une série de temples en enfilade autour d’un escalier raide de plus de 800 marches.

Comme vous le voyez, on ne s’ennuie pas ! Entre-temps, Philomène a fêté ses 9 ans à fin février et Caroline ses 16 ans début mai. Merci à tous ceux qui ont envoyé un petit mot (voire plus !). Le temps semble avancer à toute vitesse et notre vie est maintenant bien calée.

Voilà, c’est tout pour ce blog « de reprise », d’autres articles suivront bientôt sur thèmes spécifiques.

Bises à tous,

 

Patrick, Dominique, Caroline, Séverin, Philomène

L'hiver

15/02/2014 07:41 par notre-vie-en-chine

  • L'hiver

    L'hiver

    15/02/2014 07:41 par notre-vie-en-chine

Bonjour à tous,

 

Le retour du Cambodge avec ses 30°C nous confirme que nous sommes bien en hiver à Shanghai et à Wuhan, malgré les arbres toujours majoritairement verts. Les températures restent tout de même très raisonnables. Il gèle à peine la nuit à Shanghai, jusqu’à -5°C à Wuhan, et le mercure monte jusqu’à 5-10°C dans la journée dans les 2 villes. L’air est sec, peu ou pas de pluie, ce qui est parait-il exceptionnel (surtout à Wuhan) donc très largement supportable voire agréable. Nous avons même eu quelques flocons sur les 2 villes la semaine dernière, tout juste de quoi se jeter quelques boules de neige avant la fonte en quelques heures, mais cela a suffi à perturber les déplacements professionnels matinaux de Shanghai - d’autant que c’était le jour de vraie rentrée des congés de nouvel an. A notre surprise, les journaux annonçaient qu’il s’agissait là de chutes de neige tardive, le précédent record étant au 10 février seulement ! Donc climat assez différent de la France…

Tout cela serait alors très agréable, sauf à découvrir quelques particularités chinoises. Tout d’abord les maisons. Même si les maisons (notamment les plus récentes) ressemblent aux maisons européennes, les standards de construction et d’isolation sont radicalement différents, si bien que ce sont de vraies passoires énergétiques ! Aucune inertie thermique des murs, pas toujours de double vitrage et des fuites évidentes sur certaines huisseries. Ensuite, nous découvrons avec surprise que la politique énergétique du pays peut avoir des conséquences directes sur notre confort.  Peu de ressources propres de pétrole et de gaz, l’état applique donc, comme souvent, une règle abrupte pour limiter sa dépendance énergétique (voire même peut-être pour s’adapter à un approvisionnement limité du voisin russe ?) : chauffage central gaz interdit au sud du Yangtze. Ce fleuve traverse Wuhan et coule à proximité de Shanghai. Verdict ? Nous sommes au nord du Yangtze à Wuhan, donc maison avec chauffage central, la majorité de la ville de Shanghai est au sud du Yangtze, donc pas de chauffage central dans l’appartement de Dominique. Quelques appartements le compensent par des planchers chauffants qui sont eux autorisés, ce n’est pas le cas du sien… il ne reste donc que les appareils de climatisation réversible pour se chauffer via un courant d’air chaud permanent dans les pièces, souvent bruyant et qui ne donne pas du tout le même sentiment de chaleur qu’un radiateur ! Ajoutez à cela les murs peu isolés et 2 porte-fenêtres donnant vers l’extérieur dans 3 murs sur 4 de la chambre, brrr, elle a rajouté 2 épaisseurs de couette et les matins sont frileux dans la salle de bain en ce moment (pas de climatiseur dans cette pièce). Au bureau heureusement, un système de recyclage de la chaleur des fours industriels permet d’alimenter un circuit d’eau chaude interne et un système de radiateur. La chaleur est d’autant plus agréable que l’on sait qu’elle ne coûte rien !

Ce doit donc être pareil à Wuhan nous direz-vous ? Et bien pas tout à fait. L’approvisionnement limité se traduit par un quota de gaz pour chaque maison. 300m3 par mois pendant 3 mois d’hiver, 60m3 par mois le reste du temps. Et dans notre grande maison mal isolée, cela ne suffit pas à se chauffer confortablement. Il faut donc là aussi compléter avec la clim réversible et nous sommes soumis au même souffle chaud permanent. Pas top. Si l’on ne fait pas attention, l’approvisionnement s’arrête mais pas chaque mois, on peut consommer tout son quota d’hiver en moins d’un mois. C’est la mésaventure qui est arrivée à une famille de la résidence il y a quelques années, ils ont été obligés de déménager en cours d’hiver, n’ayant plus ni eau chaude sanitaire, ni gaz de cuisine pour finir l’hiver et vivre sur le quota d’une nouvelle maison. C’est triché quand même, non ?

Vive la politique d’économies d’énergie en Europe, qui vous donne de belles maisons bien isolées et vive le nucléaire (euh, vraiment ?) qui permet à chacun d’utiliser, voire même de gaspiller l’énergie sans que l’on vienne l’arrêter et sans polluer trop. Parce qu’ici, les clims chauffantes tournent à l’électricité, donc au charbon. Nous avons vu une nette différence sur la qualité de l’air depuis que les températures ont baissé ! Mais nous vous raconterons tout cela dans un autre épisode.

 

Nous vous embrassons,

 

Patrick, Dominique, Philomène, Séverin & Caroline

PS : mes excuses pour la photo, je ne sais pas comment la redresser...

L'entre-deux Nouvel An

12/01/2014 12:26 par notre-vie-en-chine

  • L'entre-deux Nouvel An

    L'entre-deux Nouvel An

    12/01/2014 12:26 par notre-vie-en-chine

L’entre-deux Nouvel An

 

Bonjour à tous,

 

En cette première fin d’année vécue en Chine, nous nous retrouvons dans la situation d’un ‘entre-deux Nouvel An’ pour la première fois.

La fin de l’année calendaire est arrivée à toute vitesse pour nous. Les arbres encore très verts (seuls les quelques ginkgos et platanes ont fini par perdre toutes leurs feuilles courant décembre), des températures très honorablement positives, pas de décorations dans les rues, peu dans les magasins (sans grande conviction, juste pour l’aspect animation marketing), l’activité professionnelle restée très soutenue : il faut bien dire que nous n’avons pas vu Noël arriver ! Comme la plupart d’entre vous le savent, nous avons pu rentrer pour une dizaine de jours en France, bien que ce ne soit pas une période de congés pour la Chine. Noël fut donc fêté sous la neige des Alpes, dans la tradition chrétienne. De retour en Chine au 30 décembre, Patrick et Dominique ont travaillé le 31 (cela ne leur était encore jamais arrivé !), et ont profité d’un réveillon à deux (là encore, une première depuis au moins 15 ans), dans un bon restaurant dominant le Bund - la célèbre promenade piétonne de Shanghai le long du fleuve Huangpu. A minuit pile, Shanghai donnait le ton au reste du monde en lançant un très beau feu d’artifice depuis 4 péniches ancrées au milieu du fleuve. Nous étions aux premières loges. Il nous fallait bien un jour férié pour nous remettre d’une telle soirée (sans parler du décalage horaire). Heureusement, c’est le cas en Chine aussi, si bien que nous reprîmes  le boulot le 2, après une semaine de festivités similaires ou presque à la France et nous avions alors pensé que c’était finalement par inadvertance que nous en avions raté la préparation psychologique. La suite du mois de janvier, devait nous faire réaliser que nous avions des circonstances atténuantes.

Cette année, le Nouvel An chinois tombe le 31 janvier (tôt par rapport à la moyenne). Nous commençons donc déjà à rentrer dans la période « d’Avent » (en espérant que les plus catholiques d’entre vous nous en pardonnerons l’usage décalé). Et là, aucun doute n’est permis ! Les magasins d’abord, puis les balcons, les maisons et les bâtiments se garnissent peu à peu de nombreuses décorations de couleur rouge éclatante. Les collègues commencent à se raconter où ils iront pendant les congés de Nouvel An pour rejoindre leurs familles. Et surtout, nous rentrons dans la période des soirées de fin d’année organisées par les sociétés. Dominique a vécu celle de sa société vendredi dernier : une incroyable soirée de 1000 personnes. L’ensemble du personnel de Saint-Gobain Abrasifs Chine, du Vice-Président au dernier embauché sur la ligne, était invité. La soirée se déroulait dans un immense hall où étaient dressées des dizaines de tables rondes pour servir aux convives un repas traditionnel (vous savez ? au moins une vingtaine de plats partagés par tous les convives sur un plateau tournant central). A l’avant, une vraie scène de spectacle avec rampes de spots, système audio sophistiqué, caméras sur grue pour enregistrer et retransmettre sur grand écran le spectacle, constitué de divers numéros préparés par des groupes d’employés. Danse, chant, sketch, le niveau était excellent, les groupes étant aidés à leur préparation par des coachs professionnels, des maquilleuses, des costumières depuis déjà plusieurs semaines.  Autre principe de la soirée, il faut trinquer avec tous ses collaborateurs, une bonne vingtaine de tables pour Dominique, heureusement que l’on ne boit qu’une gorgée de vin à chaque fois !

Un système de vote par SMS a permis de désigner le groupe gagnant et de tirer au sort quelques personnes qui ont gagné un téléphone, un iPad mini, ou un mini-lingot d’or pour le grand gagnant ! Les numéros préférés touchent une prime pour aller célébrer la victoire en groupe.

Le spectacle se clôture avec le numéro de l’équipe de direction (hors concours, faut-il préciser). Le mot d’ordre est d’amuser l’auditoire, quitte à se moquer un peu de soi-même. Dominique vous racontera peut-être un jour comment elle s’est retrouvée à jouer Mona Lisa sur scène, provoquant les rires et les applaudissements de la salle.

La fête était donc réussie  chez Saint-Gobain. Chez DPCA en revanche, JV avec une entreprise d’état, on applique à la lettre les consignes du dernier plan quinquennal du gouvernement pour mettre fin : 1) au formalisme, 2) à la bureaucratie, 3) à l’hédonisme systématique, 4) au sens de l’extravagance (on ne rigole pas). Le point 3) s’est traduit par l’annulation simple et immédiate de la soirée du Nouvel An, qui était pourtant de tradition depuis des années sur le même principe que celle de Saint-Gobain. En Chine, on ne rigole pas avec les consignes d’Etat. Espérons que ces consignes s’assoupliront quelque peu d’ici l’an prochain, pour que Patrick puisse lui aussi chanter, danser ou jouer un personnage loufoque devant tous ses employés !

Il ne nous reste qu’à vous souhaiter à tous une excellente année 2014 déjà entamée et une très bonne année du Cheval qui démarrera dans 2 semaines. Pour échapper aux pétarades incessantes qui ne manqueront pas de ponctuer toute la semaine de congés, nous avons décidé de nous échapper pour quelques jours au Cambodge, on vous racontera…

 

Patrick, Dominique, Philomène, Séverin & Caroline.

Choisissez dans le menu !

12/01/2014 12:23 par notre-vie-en-chine

  • Choisissez dans le menu !

    Choisissez dans le menu !

    12/01/2014 12:23 par notre-vie-en-chine

A table !

24/11/2013 06:59 par notre-vie-en-chine

  • A table !

    A table !

    24/11/2013 06:59 par notre-vie-en-chine

Bonjour à tous,

 

Quelques commentaires échangés sur les réseaux sociaux nous obligent à aborder dès maintenant ce sujet qui engendre beaucoup de réactions et de lieux communs.

Soyez clairs et nets dès le début : en Chine, on mange vraiment très bien. Tout comme la cuisine française, la cuisine chinoise est variée, élaborée, équilibrée et comporte beaucoup de saveurs. Il y a beaucoup de variantes selon les régions. Si l’on veut être caricatural : plutôt très élaboré au sud, plus simple autour du produit mis en valeur au nord, très épicé à l’ouest, presque pas épicé et tendance au sucré-salé à l’est, beaucoup de fruits de mer et de poisson considérés comme des plats très nobles  et bien sûr, du riz et des nouilles. Oui, on mange du riz tous les jours et non, ce n’est pas gênant. Il faut s’imaginer le riz comme notre pain et comme pour nos céréales de blés, l’étendue des préparations à base de riz est infinie : on le retrouve sous forme de grain bouilli ou sauté, de soupe épaisse, de nouilles, en pâte dans les beignets, les gâteaux, frit, soufflé ou encore craquant, on en passe. Lors des repas quotidiens, le riz est la base autour de laquelle on sert beaucoup de légumes (dont beaucoup totalement nouveaux pour nous), avec un peu de viande ou de poisson, souvent en morceaux en sauce, parfois pané. Lors des repas au restaurant en revanche, les plats sont uniquement à base de légumes et de viande/poisson. Si l’on a une petite faim à la fin, on sert alors un plat de nouilles ou de riz en dernier, juste avant l’assiette de fruits (pastèque la plupart du temps) qui vient invariablement conclure le repas.

Alors d’où vient la réputation des chinois de manger n’importe quoi et surtout des produits écœurants ? Deux faits principaux : tout d’abord historiquement, la Chine a toujours eu beaucoup de mal à nourrir l’ensemble de sa population, le dernier épisode en date étant la révolution culturelle où la famine a concerné un grand nombre de personnes. Les parents de nos collègues, les collègues de nos âges étant petits, ont tous connu la faim. Et lorsqu’on a faim, on est beaucoup moins regardant sur la qualité des produits. Alors dans le poulet, le canard, le poisson, c’est comme dans le cochon, tout est bon ! Deuxième état de fait : autant en France on apprécie la tendreté du muscle (une bonne entrecôte, un filet de poisson), autant en Chine on aime sucer les os, mastiquer les cartilages, mettre à nu les arêtes – ces ingrédients étant considérés comme les plus nobles à l’inverse de chez nous. Le 2ème fait dépend peut-être du premier : est-ce par fierté que les chinois ont décidé que la plus grande partie de l’animal (sa langue, ses pattes, sa couenne, sa tête) est la meilleure, retournant ainsi une pénurie subie en préférence choisie ? Les chinois nous font donc un grand honneur lorsqu’ils nous servent un bouillon de pattes de poulets (dont il faut sucer lentement chaque morceau) ou un ragoût de canard qui contient encore le bec (cela veut dire que la bête était entière), et même en France, on sait que la chair du poisson est la plus délicate dans ses joues, c’est juste que nous, on enlève ce qu’il y a autour. Beaucoup de plats servent aussi les parties qui sont nobles pour nous : le poisson au four est servi en entier, le steak de bœuf très poivré sur ‘plancha’, beaucoup de préparations à base d’œufs, impossible de citer tout ce que nous aimons ici. Souvent très différent des restaurants ‘chinois’ que l’on trouve en France.

Poussons un cran plus loin encore, lorsqu’il n’y a même plus d’abats de cochons, de poules ou de poisson à se mettre sous la dent et que l’on a encore faim, il faut passer à autre chose. Dans le sud en particulier, la tortue, le serpent, le crapaud sont des aliments comme les autres. Dominique a goûté la tortue : très gélatineux comme aiment les chinois, on dirait des pieds de porc. Honnêtement pas terrible mais est-ce écoeurant ? Pas plus que de manger de l’escargot ou des tripes, tradition culinaire française qui a probablement pris aussi ses racines dans une des périodes de disette que notre pays a traversées. Il faut rajouter la petite touche de médecine chinoise qui donne des vertus médicinales importantes à certaines parties du corps d’animaux, et on se retrouve avec un petit verre de baijou (l’alcool de riz) qui contient un peu du sang ou de la bile de l’animal que l’on déguste en sauce à côté. L’alcool enlève tout goût, mais l’essentiel est de se convaincre que c’est bon pour la santé ou la beauté, puisqu’on vous le dit !

Le plus difficile reste de choisir son menu au restaurant lorsque nous sommes entre nous, et découvrons qu’il n’y a pas toujours des photos des plats pour choisir (un peu choqués quand on nous a amenés devant le menu de la photo !). Au global, nous avons eu cependant très peu de mauvaises surprises jusqu’à présent. Même les enfants se font peu à peu au fait de manger épicé. Cela ne nous empêche pas d’apprécier un bon steak au restaurant hawaiien du coin ou le restaurant français d’à côté, vive la variété !

En espérant vous avoir mis l’eau à la bouche, nous vous souhaitons une belle fin d’automne, avec de la neige anticipée pour beaucoup si nous avons bien compris. Dehors, les gingkos ont une magnifique couronne de feuilles dorées. Nous profitons des dernières journées de douceur.

 

Patrick, Dominique, Philomène, Séverin & Caroline.