Circulez !
24/01/2015 07:27 par notre-vie-en-chine
L'automobile est en plein boom mais de nombreux Chinois n'ont pas les moyens d'en acheter et sont passés du vélo d'antan au scooter ou au vélo électrique qu'ils utilisent par tous temps pour se rendre sur le lieu de travail.
Sur la route, tout peut arriver ! Par exemple lorsque nous avons croisé cet employé des travaux publics qui découpait la chaussée en plein milieu du trafic. Heureusement pour lui, il y avait un bouchon donc la vitesse était très réduite.
Des véhicules avec les chargements les plus improbables. Ici on distingue sur le carrefour une simple charrette à bras à un essieu sur laquelle le propriétaire a empilé un nombre incroyable de chaises en un savant empilement.
Puisque nous en sommes à remettre à jour les photos du blogs qui étaient mal passées au premier chargement, Dominique souhaite partager avec vous ces quelques instants magiques où le vol Tokyo-Shanghai du matin est passé tout près du mont Fuji, déjà revêtu de ses premières neiges. Elle ne pouvait plus détacher ses yeux du hublot. Cela nous conforte dans notre souhait d'y monter un jour prochain. On voit d'ailleurs bien le chemin !
La région est montagneuse, certains pans étant recouverts de cultures en terrasse. Ici, des rizières à sec en cette saison, où l'on ne voit que le chaume du riz, ailleurs des bosquets de thé vert, soigneusement taillés en forme arrondie ou bien carrée, ou encore des vergers d'agrumes (pamplemousses, clémentines) ou de bananiers.
Les toulos sont de différentes dimensions, les murs toujours en terre battue, toujours très peu d'ouvertures sur l'extérieur. La vie est tournée vers la cour intérieure.
Le village le plus célèbre de la région avec ses cinq 'toulos' emblématiques, ici de formes rondes, elliptique et carrée. Il en existe aussi de forme rectangulaire. Tous les villages du coin ont des bâtiments de ce type, parfois un seul, parfois 3 ou 4, ainsi que des maisons plus classiques.
L'intérieur des maisons démontre la vie en communauté. Une trentaine de familles habitent dans le bâtiment. Dans les villages plus touristiques, la cour centrale se remplit plutôt de stands de vente. Moins authentique...
*En pinying : tÇ”lóu (lire « toulo ») ce qui signifie ‘maison en terre’ - nous vous expliquerons les tons indiqués par les accents dans un autre post…
Comme on ne change pas une bonne habitude, nous avons renouvelé l’expérience d’une sortie week-end à l’occasion d’une épreuve de course à pied. Côté tourisme, direction le sud-est de la Chine, à 2h à l’ouest de la ville de Xiamen, dans une région de moyenne montagne réputée pour ses maisons collectives en terre battue, les土楼. Côté sport, ça ne rigole pas, Patrick a décidé de se lancer dans son premier marathon. Et pas des moindres : la première édition de ce ‘Grand Hakka Marathon’ fait bien 42.5km de long, mais pimente le parcours d’un dénivelé positif de près de 600m. Avec la même difficulté qu’au marathon de la grande muraille : une grande côte de 400m de dénivelé qui commence au 34ème km, juste le moment où les réserves des muscles s’épuisent et où le marathonien doit gérer son ‘mur’. Pour le reste de la famille, on reste calme : la petite course fait 8.5 km avec quasiment pas de dénivelé positif.
Découverte de la région la veille de l’épreuve pour Patrick : il lui faut être en forme, il a donc pris un jour de congé. Le reste de la famille suit avec un vol du soir, qui les fait arriver assez tardivement. 30’ d’autoroute à partir de Xiamen (situé au bord de la mer), puis 1h30 d’ascension par des routes de montage assez tortueuses. La région est en cours de développement touristique, à grand renfort de construction d’hôtels. Le nôtre est tout neuf et de bon niveau, reproduisant la forme typique des habitats collectifs de la région : un anneau elliptique sur 3 étages autour d’une cour centrale.
Le bus démarre à 6h de l’hôtel pour rejoindre le point de départ de la course. L’occasion de découvrir les paysages de champs de thé vert et des vergers d’agrumes en terrasses sur les flancs des montagnes. Comme nous l’avons déjà vu précédemment, nous commençons par passer une barrière de péage pour rentrer dans le cœur de la région touristique : le développement à un coût qu’il faut bien financer d’une façon ou d’une autre ! Un peu bizarre quand on pense à tous les gens qui habitent au quotidien à l’intérieur de la zone…
Nous sommes au sud de la Chine et le temps est magnifique : grand ciel bleu, un peu frais à 6h du matin tout de même, mais la température montera jusqu’à plus de 25° avant la fin de la course. Très agréable pour un mois de novembre. Le départ est lancé à 7h, c’est parti pour la course qui serpente le long d’une rivière, traversant villages et passant même à l’intérieur des grandes maisons collectives pour le semi-marathon et le marathon. Le paysage est magnifique. Les coureurs de la petite course arrivent assez rapidement après une course très agréable et sans difficulté. A tel point que Caroline se dit qu’elle aurait bien tenté le semi-marathon ! Patrick lui, ignorant qu’il fait des émules, aura mis un petit peu plus de 4h pour boucler son parcours. Ce n’est pas que l’attente fut longue pour les 4 autres, mais un peu quand même. Heureusement, l’arrivée est dans un très beau village et ils en profitent pour se promener et découvrir les différentes maisons. Comme toujours, les enfants blonds attirent beaucoup les regards des chinois et il leur faut se prêter de bonne grâce aux photos qu’ils réclament.
Attente un peu longue mais belle performance néanmoins pour un premier marathon : au debriefing, une fin de course très difficile avec des crampes fortes à partir du fameux 35ème kilomètre et qui ont bien failli mettre en péril sa capacité à gravir la dernière côte ! Au global, l’entraînement intensif aura quand même fini par payer et Patrick est très fier d’être devenu un marathonien. La sieste s’imposera dans l’après-midi, avant une soirée de gala autour d’un banquet à la chinoise mêlant plats locaux et plats internationaux.
Après les avoir traversés rapidement le samedi, le dimanche matin nous donne l’occasion de visiter les 土楼 en prenant le temps. Ce sont des habitations qui logent chacun une trentaine de familles. Les maisons sont construites en terre battue, sur 3 étages en général, de forme carrée, rectangulaire, ronde ou elliptique. Les bâtiments ont très peu d’ouvertures vers l’extérieur notamment aucune fenêtre au rez-de-chaussée, un portail solide à l’entrée, il est évident que la forme de la construction est destinée à défendre ses habitants des attaques extérieures. A l’intérieur en revanche, on découvre une cour pavée sur laquelle donnent les appartements via des balcons filants qui font tout le tour du bâtiment. Dans la cour, des animaux de basse-cour, des étendages de linge, des outils, les enfants qui courent, la vie semble aussi collective que l’habitat. Chaque village contient 2, 3, 5 ou plus de ces bâtiments, comme un 2ème niveau de défense par le regroupement, ainsi que des maisons plus classiques. Au-delà de l’agriculture, on constate que les habitants profitent également du tourisme : dans le village touristique qui est au programme du matin, les 土楼 se garnissent d’échoppes pour vendre du thé vert, du thé noir fermenté puis séché dans des oranges, des gâteaux au sésame et au caramel, du miel, de l’artisanat en bois mais aussi des peintures d’oiseaux et de chevaux pas toujours de très bon goût ! On voit aussi sécher des fleurs d’hibiscus et des drôles de plantes dont nous ne sommes pas sûrs s’il s’agit de chou ou peut-être de tabac, vu que l’on trouve aussi des cigarettes faites maison à vendre dans les échoppes.
Au passage devant toutes ces maisons, tout le week-end nous avons découvert une vie très simple : toujours une pièce au sol en béton brut, dans laquelle on voit une cuisinière, au mieux un canapé, quelques chaises et au fond on devine une deuxième pièce pour dormir. C’est tout. Le niveau de vie de ces personnes est très faible de façon évidente. Nous touchons du doigt l’énorme fossé qui sépare la Chine rurale de la Chine urbaine que nous côtoyons au quotidien. Même si en ville, on voit aussi des gens plus pauvres, il nous semble que ce n’est pas aussi marqué qu’à la campagne. Le coût très faible de la nourriture en Chine est à ce prix.
Retour en bus vers Xiamen dans l’après-midi, puis en avion vers Shanghai pour Dominique, vers Wuhan pour le reste de la famille. Tout le monde est heureux d’avoir découvert cette nouvelle région de Chine. Prochain RDV sportif pour le marathon de la grande muraille – ou peut-être avant !
Nous vous embrassons tous
Patrick, Dominique, Caroline, Séverin, Philomène
Mariage à la chinoise ?
Nous en avions beaucoup entendu parler des mariages chinois et finalement ça y est, Patrick et Dominique ont été invités à un mariage en Chine !
Ce que nous en avions entendu dire est bien différent de nos traditions françaises : le mariage chinois proprement dit se fait en tout petit comité, semble une simple formalité administrative et peut en fait avoir lieu un autre jour que la fête. Les fêtes de mariage en revanche, consistent en de grands banquets, en général dans un hôtel. L’événement se déroule autour d’un repas qui commence en général vers 18h pour finir vers 20h, pas plus ! Les mets servis sont en général chers car il faut honorer les invités. Nids d’hirondelle, ailerons de requin sont des grands classiques malgré les polémiques sur les destructions animales qu’elle engendrent et le fait que la plupart des personnes ne trouvent même pas cela très bon… La couleur traditionnelle du mariage est le rouge, mais aujourd’hui, la plupart des mariées s’habillent en blanc dans des robes à l’européenne. Le rouge est maintenu sur les rubans des voitures du cortège. Il est de tradition d’inviter la famille, les amis, mais aussi les collègues de travail. Il est notamment usuel d’inviter son chef à son mariage, et ce dernier doit faire un discours. Plusieurs collègues de Patrick se sont déjà adonnés à l’exercice, en chinois SVP, pour le plus grand plaisir de leurs collaborateurs qui sont honorés de montrer à leurs familles leurs contacts avec des occidentaux. Quant aux collègues, ils n’apprécient pas forcément d’être invités, car cela signifie devoir faire un cadeau : de l’argent liquide offert dans une enveloppe rouge, presque un ticket d’entrée à la fête. Le montant du cadeau est quasiment fixé en fonction du niveau de l’invité et peut représenter un montant non négligeable.
Bon. Dans notre cas, ce n’était pas un mariage complètement chinois, puisqu’il s’agissait d’un collègue français de Patrick qui se mariait à Shanghai avec une Chinoise. Nous avons donc pu observer le savant mélange des traditions des 2 pays qui nous a quand même donné l’impression d’assister à un mariage chinois, alors que les convives chinois ont probablement eu l’impression d’assister à un mariage français !
Côté chinois donc, le fait d’être invité par un collège. Au-delà des quelques collaborateurs PSA invités, les fiancés avaient également convié plusieurs cadres de DPCA (la joint-venture de PSA avec le fabricant automobile chinois partenaire Dong Feng). Ces derniers se sont alors réunis pour décider s’ils acceptaient de venir et ont décidé de leur faire sans leurs épouses, cadre professionnel oblige. Les français ne se sont pas réunis et sont tous venus avec leurs épouses sans se poser de questions puisqu’elles étaient invitées !
Côté français, le lieu paradoxalement : en plein cœur de la concession française de Shanghai, dans un quartier aux rues étroites bordées de platanes, nous avons découvert un superbe bâtiment de style grand manoir normand, ancien siège du cercle sportif français au début du 20ème siècle, puis lycée français dans la deuxième moitié, restauré il y a quelques années en restaurant et salle de réception. Shanghai regorge parait-il de tels lieux, héritage de son histoire internationale riche d’avant la révolution culturelle.
L’événement démarrait par un apéritif au bord du parc sous un beau soleil d’automne, on commence français ! Un peu avant 18h, tout le monde est prié de rejoindre la salle où un plan de table place les convives autour des fameuses tables rondes baptisées de noms de villes chinoises. Les entrées froides chinoises traditionnelles (champignons noirs, méduse, lotus, poulet froid, etc) sont déjà servies. Mais interdiction de commencer. Au fond de la salle, une scène est dressée avec un fond d’image projetée et une voix d’aéroport nous annonce que la cérémonie de mariage va bientôt commencer. Un film commence, monté à partir d’extrait de films célèbres doublés pour mettre en valeur les mariés de façon humoristique. S’ensuit une petite saynète, pendant laquelle le marié va chercher sa femme qui apparaît d’un seul coup au fond de la salle dans une robe chinoise rouge. L’écran continue à projeter des images romantiques. Ils finiront tout deux sur scène par échanger leurs alliances, amenées par un magicien sur un guéridon volant. Ensuite, discours de la maman du marié, enfin, le marié puis la mariée firent chacun un discours. Fin de la cérémonie.
Le repas proprement dit était très chinois, une dizaine de plats de grande qualité amenés au fur et à mesure et partagés à chaque table, homard, canard, très impressionnant ! Mais pas de nid d’hirondelle, ni d’aileron de requin. Pas d’alcool de riz non plus, mais du vin rouge (français) et du champagne, le mariage des cultures est bien équilibré. A peine les premiers plats arrivés, les tournées de ‘Ganbei’ commencèrent entre collègues français et chinois, mais aussi entre français tous seuls. Il y a des traditions qui prennent bien sans avoir à forcer… Si bien que la majorité de la salle était debout et circulait entre les tables pendant tout le repas, ces messieurs discutant beaucoup boulot entre eux. Deux spectacles sur la scène vinrent ponctuer le repas.
Vers 20h, comme sur un coup de sifflet, la délégation de cadres de DPCA se leva d’un seul élan et quitta la salle. On avait bien entendu dire que les mariages ne durent pas plus de 2 heures en Chine ! Les chinois plus occidentalisés restèrent ainsi que tous les français. Vers 20h30, les mariés entamèrent sur scène une danse lente, invitant ensuite les autres couples à venir les rejoindre. Mais cela ne dura que le temps de 2 morceaux : il n’y avait visiblement pas de programme dansant prévu. Vers 21h, les derniers français décidaient donc de s’éclipser pour aller finir la soirée ailleurs, au grand soulagement des serveurs qui se demandaient bien pourquoi ils restaient encore là, puisqu’il n’y avait plus rien à manger…
Nous finîmes ce week-end fort agréable par un brunch dominical, avant que Patrick ne rentre à Shanghai pour récupérer les enfants, confiés à la garde d’autres familles du village. Le temps commence à se rafraîchir chez nous : toujours un bon 20° en journée, mais les soirées et nuits commencent à être fraîches autour de 10-15°, le soleil brille encore très largement. Les feuilles des ginkgos commencent à virer au jaune pâle, en route vers leur transition au jaune d’or. Tout va bien.
Bises à tous !
Patrick, Dominique, Caroline, Séverin et Philomène